J'ai profité de ma pause déjeuner pour aller solder, pour les Toulousain(e)s, j'étais au centre commercial St Georges. Après avoir enfilé mes sandwichs club et mes gateaux apéros aux graines Casino (les meilleurs), j'étais toute guillerette d'avoir fait quelques bonnes trouvailles. Un super manteau et un gilet pour mon chéri chez New look, et une petite robe léopard chez Promod, j'allais repartir quand mon téléphone à sonné.

13h43, à l'autre bout du fil Mr D avec une voix particulièrement bizarre... lui : "heu t'as regardé les actualités avant de partir de ton bureau", moi : "non pourquoi, qu'est-ce qu'il se passe ???", lui : "il y a eu un attentat à Charlie Hebdo, il y a 2 types qui sont rentré avec des kalachnikovs, il y a au moins 12 morts", j'ai failli lâcher mon téléphone et mes courses tellement j'étais abasourdie par cette nouvelle.

D'un coup j'étais mal à l'aise, je ne me sentais plus à ma place dans ce temple de la consommation, avec ces gens autour de moi qui n'étaient pas encore au courant, et qui vivaient comme si de rien n'était et qui achetaient comme moi plus tôt des sandwichs clubs et des manteaux en soldes. D'un coup tout était devenu déplacé, tout était d'une futilité extrême... J'ai raccroché et suis rentré vite fait pour avoir le temps de regarder quelques infos avant de reprendre le travail. J'ai pédalé comme une folle en me disant que ce n'était pas possible, je n'avais plus que ça en tête et j'essayais de garder mes larmes à l'intérieur.

Une fois devant mon ordinateur et devant les quelques images et récits les vannes étaient ouvertes et je ne pouvais plus retenir mes pleurs. D'un coup c'était réél et j'avais les yeux tellement mouillés que j'avais du mal à voir quelque chose sur mon écran.

Comme des millions de Français j'ai eu beaucoup de mal à sortir la tête de l'eau, ou tout simplement redécrocher un sourire. Impossible pour moi d'écrire ici quoique ce soit... Je ne peux pourtant pas dire que j'étais une lectrice assidue de Charlie Hebdo, mais je suis par contre une fervente défenseuse de la liberté d'expression et me dire que ces personnes sont mortes pour cette liberté, non pas la leur, mais la NOTRE. On peut ne pas être d'accord avec eux mais contrairement à d'autres ils  n'incitaient pas à la violence et n'ont jamais fait de mal en tout cas physiquement.

Je suis ravie de ce soulèvement de fraternité Français et même mondial, mais je suis toutefois étonnée et attristée de voir que les victimes du terrorisme ne sont pas toutes logées à la même enseigne. Comment ne pas penser par exemple aux victimes Nigérianes de Boko haram. Où sont les unes sur ces morts là, où sont les chefs d'état qui se mobilisent, marchent mains dans la mains...

Aujourd'hui je pense à elles...aussi !

 

je-suis-nigeriane

 

Difficile de reprendre une activité normale après tout ça... La grippe est venue en plus toquer à ma porte lundi soir, de quoi améliorer encore un peu le moral.

Notre prochain message sera plus gai, promis...

Marie-Anne